Un Parcours
Assez vite, les gendarmes se sont montrés plus amicaux et se sont arrangés pour que Namodev puisse s’asseoir à côté de moi ; il s’est mis à sangloter. Puis, petit à petit, j’apprends que la scène du soi disant crime a été montée et qu’il s’agissait d’une rixe plus collective qui aurait mal tourné et que la victime serait décédée des suites de coups et blessures infligées par plusieurs, mais que certains avaient jugé opportun d’accuser Namodev et le second homme ; et que ce serait surtout une question de paiement pour qu’il soit libéré. Un cousin, je crois, de sa femm e, qui est Aurovilien, se dit prêt à aider et l’on m’encourage à contribuer discrètement. C’est l’impression d’être soudain privé d’une part physique, et pourtant je vois aussi que je suis en partie responsable de sa chute pour l’avoir rejeté et repoussé dans son milieu, après qu’il se fut montré incapable de garder une rigueur minimale dans sa conduite et le respect de la vérité. Le plus d’information je rassemble au sujet de cet « homicide » et le plus effarante m’apparait la condition collective environnante – rien, rien du tout n’y est jamais droit ou fiable, tout est inextricablement mêlé, à tous les échelons, depuis les petites jalousies personnelles jusqu’aux rivalités de politiciens, comment peut-on jamais en émerger vraiment ? E t c’est là précisément que le pouvoir de l’argent semble être la seule voie de « salut » ! Comment pouvons-nous progresser suffisamment dans cet environnement pour atteindre un état de réceptivité collective à une conscience de vérité vivante et matérielle ? Le monde entier ne fonctionne-t-il pas ainsi, selon les mêmes jeux de forces et d’intérêts, quelles que soient les variations « culturelles » ? Doit-on attendre que tout pourrisse ? Gérard, me dit-on, est devenu une figure porteuse du groupe de fidèles de Roger, préparant une version du modèle de la sphère avec disques de plastique et panneaux de polyester… de quoi pleurer !
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