Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Ni les confier à Elie : sans méchanceté de ma part, je n’ai pas confiance dans sa discrétion, et pas davantage dans ses obsessions d’espionnage et autres… Donc, je te les apporterai… ! J’ai trouvé d’autre part un épais dossier cartonné contenant ta traduction de « Savitri » : en as-tu un double ? Sinon veux-tu que je te l’apporte ?
Samedi
Comme tu sais j’ai écrit ces deux articles … pour dire ma présence, malgré la distance que j’ai prise par rapport à l’institution… On peut dire… que j’ai réussi mon coup d’une façon inattendue, vraiment ! Imagine, mardi dernier en allant écouter une conférence (utile pour la rentrée au séminaire de Green), je croise la sœur de de M’Uzan qui me dit : « Tout le monde parle de ton article, malheureusement je n’ai pas encore reçu la Revue… ! » Plus tard, dans le brouhaha de la fin, une autre me dit : « Michel Fain va parler de ton article la semaine prochaine à l’Institut de Médecine Psychosomatique… » (M. Fain est l’un des directeurs de cet Institut, un monsieur compétent, qui n’a pas sa langue dans sa poche… j’espère que ce sera pour mon bien !). C’est drôle les desseins de la Providence, dit-on : la jeune fille sujette de ce second article était ma toute première patiente, et moi je n’étais pas encore psychanalyste ; et la voici revenue à la fin ou presque de mon parcours… Et puis je marche un peu à l’envers… Un certain nombre de psychanalystes, auxquels je pensais hier, s’effacent maintenant : l’âge ; mais ils ont pour la plupart une certaine œuvre derrière eux. Moi, c’est à la fin que je me manifeste…
J’aurai peut-être ma lettre mardi prochain. En l’attendant tendrement, je t’embrasse fort, et suis fort avec toi,
Colette.
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