Lettres à Divakar jusqu'à 2005

… Toujours l’impression que « quelque chose » est en mouvement en moi. J’y suis quelquefois attentive, quelquefois pas. Je veux dire que souvent je préfère sentir ce mouvement, en tant que tel. Ce n’est pas une façon de « laisser faire », je ne crois pas ; j’ai bien davantage l’impression que je veux, du moins en ce moment, laisser l’ouverture se faire, l’espace se créer ; un peu comme quelqu’un qui marche sur la pointe des pieds, non par peur de déranger mais pour laisser place à une sorte de travail. Qu’en penses-tu ? Il me semble que l’essentiel est ce besoin de mouvement, d’évolution, et que chacun doit trouver – et accepter – ses chemins ; accepter, également, que ceux-ci puissent changer… C’est formidable de travailler sur ma grande table, et de voir bouger les feuilles du figuier. Lorsque de Paris j’envisage les vacances, j’aspire à me lever plus tard ; ce que je fais ici les tout premiers jours. Après quoi, cela ne me convient plus : je veux avoir, intègre, toute ma journée ! Je mets mon réveil à 7h, me lève à 7h ½ ; couchée de bonne heure ; une vraie journée, comme à Sincérité ! Tout à l’heure nous avons marché sur la digue de Dinard, la « promenade du clair de lune » ; c’est une profusion somptueuse de fleurs les plus diverses, avec quelques eucalyptus et des palmiers… Tu devines ? J’ai pensé à toi, envoyant tout mon cœur, et ma confiance, au jardin de Sincérité, toujours capable d’être beau et d’attendre le temps qu’il faut, le temps qui viendra. … Et une petite place pour d’immenses baisers, Samedi 15

Colette.

( Le même jour, Colette a envoyé des fleurs séchées, avec ces mots : Elles sèchent, toutes deux, depuis bientôt un mois ; cueillies à ton intention lors de ma première marche de l’été dans la campagne - par la jolie route du « Haut à

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