Lettres à Divakar jusqu'à 2005
capable de détecter le caractère évolutif ou non de celles-ci, et de choisir la thérapeutique la mieux adaptée. Mais comme tout cela est troublant aussi ; se demander aujourd’hui comment va être leur vie durant les semaines qui viennent est tout à fait prématuré. Je te dirai en tout cas ce que je saurai, car je suppose qu’il ne pourra pas écrire beaucoup… … Quelques petites réflexions à propos de tes deux dernières lettres… Que tu aies, comme René, l’impression « de ne rien faire » - la comparaison s’arrête là ! Aucun rapport : je vois vivre René quotidiennement, et l’entends quotidiennement se plaindre et se sentir coupable de ne rien faire, rien du tout, et incapable de ranger quoi que ce soit (ce n’est guère nouveau), ou de lire ; dés qu’il a un livre entre les mains, tout se brouille car il met, à la place, ses propres pensées… Et c’est un mécanisme aussi vieux que lui, dont il est, à coup sûr, la première victime. Néanmoins il suit de près « l’affaire » de la transfusion. C’est toute une attitude passive à l’égard du travail, d’un certain engagement… … Mais… bien des choses ont changé en moi ; ou une seule chose, je ne sais. Je ne suis plus embarquée, je suis « axée » (ou en route sur certains axes, c’est ainsi du moins que ça se place en moi). Ce qui m’amène à faire l’expérience, envers tel ou tel autour de moi, d’un certain écart, et qui me montre en même temps que je me situais parfois en porte-à-faux, comme en surenchère… Je crois qu’il s’agissait d’un mauvais équilibre au niveau du mental émotionnel ? Et je me demande, en lisant un paragraphe de ta lettre du 15, si justement il n’y avait pas là, ou il n’y a pas là encore, une sorte de piège, ou en tout cas de facile dérive, provoquée par une prédilection pour les « liens » - cet abri, comme tu dis. Activité de liaison qui m’a beaucoup aidée, mais peut-être au prix de refouler certains vertiges (comme tu dis aussi) que j’ai inévitablement rencontrés mais, je
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