Lettres à Divakar jusqu'à 2005
aveuglements pathologiques, des « culpabilités » insoupçonnées d’eux, des porte-à-faux à n’en plus finir. Du faux. Chez toi, dis-tu, il y a autant de féminin et de masculin, avec un début de synthèse ; et il est certain que cela t’engage dans des choix rendus à mon avis difficiles, dans la mesure où les autres autour de toi sont « calibrés » par ces refoulements dont je te parle. Mais je sais aussi que cette synthèse est, ou devrait être, la chose la plus vraie et la plus réelle, et la plus … simple ! Reste à se dire qu’Auroville n’est sans doute pas encore parvenue à une telle conscience ou acceptation. Il me semble que tu as dû rencontrer tout de même une réciprocité. A Auroville ou ailleurs ? Quant à ce que tu dis de René, j’y reviendrai sûrement… Sûrement : je trouve tout à fait remarquable, et subtile, et exacte, ton analyse. Ce rapport entre ses doutes, son doute jusque dans la vie quotidienne, et la foi, qui entretient refus et instinct destructeur laissé à son état primitif… est une vision qui me parait d’une grande justesse. Or, justement, la vie quotidienne a dû m’aveugler, et me priver de la bonne distance. Peut-être vais-je pouvoir, désormais, ne plus m’en « rendre malade »… !
Nous partons mercredi prochain. Il fait beau, je t’aime,
Colette.
***
Lundi 9-9-91
Aimé,
En arrivant des Prévôts mercredi dernier j’ai trouvé ta lettre de la « night-watch » du mercredi d’avant ; j’ai regardé
888
Made with FlippingBook flipbook maker