Lettres à Divakar jusqu'à 2005

« éprouvés ». L’impression, évidente, m’en est venue à partir de cet exemple : l’âge, dont je te parlais encore récemment, avec ces décalages entre les moyens et les états de jeunesse intérieurs… (Cela dit tu m’as bien montré qu’à chaque âge son harmonie, si on ouvre sa conscience…) Or, cette préoccupation n’a rien à voir avec les remarques quasi-quotidiennes de René ou ses comparaisons entre ce qu’il pouvait faire et ne peut plus faire, avec la façon dont il ne manque jamais de regarder et de désigner tel ou tel qui « a vieilli », etc. Et là, moi, non seulement cela ne m’intéresse pas, mais je ne me reconnais pas dans ce genre de préoccupations – apparemment sur le même sujet. Alors, ce que j’ai obscurément perçu à travers ces réflexions qui me sont venues spontanément, c’est qu’il est important d’évaluer d’où « ça » vient : perceptions, vécu, mentalisation, craintes fabriquées de l’extérieur, craintes du dedans, tranquillité du dedans contre conformisme des appréciations, etc. Pour te dire que je suis convaincue de ce que l’on peut avoir à gagner en évaluant ces niveaux, ces plans ; sans du tout passer par un morcellement quelconque, mais en découvrant au contraire une substance avec ses diverses voies – et non des dérives qui obscurcissent les choses…

… Je t’aime, suis avec toi, ici, à Auroville, t’embrasse plein, et attends ta prochaine lettre,

Colette.

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Jeudi 8-8-91

Aimé,

J’aime pas quant t’as mal ! Et un abcès dentaire, c’est pas drôle !

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