Lettres à Divakar jusqu'à 2005

toutes ces résolutions d’aménagement économique soient insuffisants faute de ressources…

Voilà… Je t’aime et suis très fort et très tendrement avec toi,

Colette.

***

Les Prévôts, 21-8-90

Aimé,

J’ai bien reçu ta lettre du 7. … Tu sais : cette fois tu me parles de la nécessité d’établir la paix en moi, de la rendre active et présente. Peut-être as-tu l’impression de me redire les mêmes choses ; en fait tu me rappelles en effet à « la » même chose, essentielle, mais avec, chaque fois, des termes différents ; comme si, à chaque fois, tu désignais tel point, tel pas à faire, tel moment à rendre ouvert et présent. Et chaque fois, c’est une même et multiple ouverture. Et je progresse. Je progresse – et c’est la meilleure et la seule voie devant le marasme de René. … Depuis quelques jours, c’est à travers cette paix que je lui parle souvent. Faisant le point de beaucoup de choses ; et il entend, il admet ce qu’il n’aurait encore ni admis ni entendu voici peu. Mais apparemment cela n’aboutit à rien pour lui que le plaisir de m’entendre. C’est stupéfiant en un sens : ce qui devrait être pour lui une libération par rapport à des stéréotypes qui l’ont marqué la vie durant, des « remplissages » comme tu dirais, il le vit comme un manque profond ; et, physiquement, il n’a jamais été aussi bien ! Mais mentalement, moralement, psychologiquement, force m’est de dire que ça ne va décidément pas.

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