Lettres à Divakar jusqu'à 2005
savoir, va donner de la force à un climat ici. Nos chemins ne sont pas tout à fait les mêmes, je marche à un pas qui est le mien, accordé à ton pas et à ton chemin ; mais je pense que ces chemins-là, spécifiques de chacun de nous et ouverts, inscrivent des versants d’une aventure, d’un grand creuset. J’ajoute que… je n’avais pas « besoin » de cette rencontre, pas plus que je n’avais « besoin » de celle avec ma « copine couturière », pas vrai (?!), pour être confirmée dans une évolution que tu es bien placé pour connaître puisque tu la favorises si bien en moi ; mais je la trouve vivante, concrète, et « participante »…
… Je t’embrasse,
Colette.
***
Les Prévôts, le 28-7-90
Aimé,
… Ce départ… j’ai cru qu’on n’y arriverait pas ! Avec l’impression que j’avais, de forcer René, de le lui imposer. En fait, la route a été parfaite : conduire est une activité. Bien sûr que c’est cela qu’il lui faut, une activité ; il en est conscient, le désire, se sent même coupable de céder à l’inertie ; c’est également ce que tente Sami Ali en essayant de l’orienter vers tel ou tel travail… Mais une considérable énergie va dans le sens contraire. Il y a des moments où cela m’apparaît peu soluble, mais peut-être, peut-être… ! Ici, il a le grenier comme « repli » et recommence à pouvoir lire. Bref : désormais je te parlerai de lui globalement, autrement c’est impossible… Heureusement pour moi, pour lui, que j’émerge ; je veux dire que s’il y a déjà pas mal de temps que j’entreprends ce travail sur moi que tu sais, il se passe
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