Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Partir était pénible à l’avance pour lui et non sans danger ; la veille du départ je m’étais installée dans la décision de rester – pensant d’ailleurs à toi et me disant que tu n’approuverais pas un départ de cet acabit… Et puis, jeudi matin, René, levé avant moi, en forme suffisante, alors on n’a pas hésité ; il a conduit très bien, pas de sommeil, répliques excellentes, etc. Après quoi, ici, reprise de la somnolence. Ça fait bizarre : en réalité, dés qu’il doit faire quelque chose, cela amène une transformation ; sinon c’est l’oisiveté la plus complète, l’ennui, la fatigue. Je m’efforce d’harmoniser cet ensemble. Et j’ai pas mal de raisons de penser qu’il va aller mieux. Mais que de difficultés, une expérience dure pour lui. Quant à moi, je suis à la fois très touchée par cet état de choses et, comme je te l’ai dit, animée d’une curieuse énergie. Au 14, je continue mes rangements ! Car c’est au fur et à mesure que je découvre tout et n’importe quoi, des boîtes et des boîtes, que je donne à ceux qui en ont l’usage, des visionneuses en triple exemplaire, des reçus et récépissés divers… Alors je déchire, donne, classe… je ne peux pas m’arrêter tant que ce premier et grand élagage n’est pas terminé ! … Avant-hier à 11 h 30 une émission de télévision sur Auroville tournée en avril : je craignais de voir arriver et d’entendre, comme cela s’est déjà produit, les militants de service ! En fait, ce qui a été dit par trois personnes (je n’en ai reconnu qu’une, dont j’ignore le nom) était à sa place ; mais l’ensemble n’était rien, ou si peu. Sur le plateau, le présentateur était gentiment « pour » ; une actrice, nettement « pour », mais timidement ; et un type, un comique de profession, résolument « contre », et avec beaucoup de bagout ; pour lui répondre, Jean ( Pouyet ? ), malheureusement d’une élocution difficile et apparemment peu maître de faire passer ses arguments pourtant justes…

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