Lettres à Divakar jusqu'à 2005

On a dîné chez elle l’autre soir avec son fils Jérôme et la jeune femme qu’il a épousée récemment ; elle connaît bien l’Inde ; quant à Jérôme, je suis quasiment la seule à le trouver gentil ; il a un physique assez particulier qui a l’air d’éloigner certains de lui… C’est vrai ce que tu me dis : que dans notre vie il y a un progrès qui devient plus tangible. Et je suis tellement heureuse que tu l’apprécies comme tu le fais et comme tu le comprends… Alors je vais répondre à ta question : non, Claude et Hervé ne se sont pas encore rencontrés… Lorsque René a annoncé à Claude ( Claude étant le fils de la première épouse de René, ayant lui-même peu connu son propre père ) l’existence d’Hervé il a répondu : « Ah bon… ». C’est tout. Et lorsque René lui a dit un peu plus tard : « Tu l’as dit à Aniela ? », Claude a répondu : « Non ». C’est tout. J’aime bien Claude mais il est indifférent à pas mal de choses… Il est vrai que Paul a dit aussi : « Ah bon… », sans plus. D’autre part la situation récente de Claude n’était guère propice à une « relance » : il a dû en effet être de nouveau hospitalisé pour son asthme, qui est en même temps chronique et déclenche des crises aigues invivables, à la limite de l’asphyxie ; en ce moment il va beaucoup mieux, mais c’est une maladie complexe. Mollereau, qui vient de très bien le soigner, lui-même asthmatique, a tenté de lui montrer comment, par la conscience, il arrive à maîtriser les spasmes et à retrouver la régularité. Mais Claude n’entend pas. On finit tous par être convaincus qu’il s’agit chez lui d’un nœud très costaud et obscur au niveau familial. Mardi

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