Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Je connais un peu ces questions que pose Green, et sans doute les orateurs qu’il a invités ; c’est là que j’espère voir s’annoncer un saut qui, s’il est possible, ne sera pas nul pour un bout de chemin. Attendons ! … Des choses à te dire à propos de ta réponse concernant le sida, que j’ai attentivement lue… dans ma prochaine lettre ! T’aime,
Colette.
***
Mercredi 18-1-89
Aimé,
Eh bien mon cœur se dilate de plaisir et de satisfaction lorsque je lis dans ta lettre du 3 que « du point de vue de la conscience, du chemin » tu es « heureux » !... … Pour ma part, je poursuis mes ajustements. En même temps que j’en prends conscience, je sors d’une sorte de notion qui traînait plus ou moins en moi, et selon laquelle – et malgré ce que j’en disais par ailleurs – il fallait ne pas lâcher le conflit, sous peine d’être simplement dans une attitude de « fuite ». Alors qu’insidieusement, comme je te l’ai écris, c’est le Moi qui se laisse embarquer, aliéner dans le conflit. Je pense ici, essentiellement, à ta réponse : « il faut aussi savoir laisser l’autre face aux conséquences – conditions, états – de ses propres mouvements… ». C’est une phrase profondément libératrice, d’autant plus que tu la relies à la nécessité de travailler parallèlement à sa propre recherche et concentration. C’est ce que je fais actuellement, face à la perturbation de René, phase « d’excitation » ; et, du coup, c’est quasiment
695
Made with FlippingBook flipbook maker