Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mardi matin 29-3-88
Aimé,
J’ai donc vu Francis samedi à déjeuner, il va bien. Par rapport à Jacques Henri, il est malheureux des trois mois que celui-ci a endurés, faute d’avoir été pris au sérieux par l’entourage médical… ; il a été enterré hier à Arès près de Claouey, à côté de son frère, selon son vœu. Ensuite j’ai vu Christiane dans le somptueux hôtel particulier du Préfet d’Ile de France, son frère aîné ! En l’absence de celui-ci et de sa femme, Christiane gardait sa mère, qui a une maladie de cœur – et je dirais… qui a surtout le caractère autoritaire de certaines vieilles dames : il suffit que Christiane lui rappelle qu’elle va repartir avec Francis pour qu’elle dise « bon, eh bien, je vais tomber !... ». Christiane, elle, va bien et nous avons passé, comme toujours, un moment chaleureux… ... J’ai pensé à toi l’autre soir (ça m’arrive !), ou plutôt j’aurais aimé avoir ton impression : une émission que j’apprécie souvent, « Questions à domicile » - deux journalistes chez tel homme politique ; ces deux-là étant de bons journalistes, compétents, discrets (une femme, Anne Sinclair, et un homme, Jean Marie Colombani du Monde). Ce soir-là c’était chez Giscard d’Estaing ; c’est assez frappant combien cet homme – fort intelligent – a su gagner d’avoir traversé une période d’amertume dont il ne se cache pas ; on le sent libéré, autant qu’il est possible en politique, d’une trop grande ambition ; il est capable d’une fine observation, se hausse assez bien au-dessus des « batailles », des attaques, des coups fourrés et autres petits jeux ; et il travaille beaucoup, c’est évident… Or, ce qu’il annonçait, - entre autres difficultés rencontrées par Gorbatchev dans un proche avenir, celle d’un effondrement économique de l’URSS – rend plus que jamais dérisoires et ridicules les immenses bavardages actuels...
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