Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Preuve sans doute de la permanence de certains troubles ; on verra ! En tout cas je pensais à la longue que le mieux était pour elle et pour Akash qu’elle reprenne contact quelque temps avec l’Amérique… … Hier, grande première : je suis allée seule au Luxembourg !... Prendre la mesure de mes peurs et appréhensions me met sur le chemin de transformations. … Reste la reprise du yoga avec Klara ; mais j’hésite un peu ; les asanas que tu m’as recommandés me paraissent pour l’instant en tout cas correspondre à ma réalité… Qu’en penses-tu ? Autre élément : j’ai encore connu un coup de pompe, mais moins durable que les précédents qui me décourageaient, et j’ai admis ces passages qui font, je pense, partie des réajustements comme tu me le dis. J’espère que Jean Pierre va mieux ? Je souffre pour lui ! Où est-il ? A Jipmer ? Chez Datta, où il me semble qu’il serait mieux ? Quant à Namodev, le problème doit être complexe, et je crois que tu ne peux faire plus pour lui que cette présence que tu lui donnes – sur laquelle il compte peut-être trop comme si tu allais tout régler à sa place… A l’occasion de deux émissions à la télévision j’ai beaucoup pensé à toi : la retransmission de la « Nuit Blanche » à Leningrad – une collaboration entre Béjart et les ballets Kirov, dehors, devant la Neva, sur des parvis de toute beauté. Et, quatre soirées de suite, le film de Claude Lanzmann « Shoah » (tu sais, sur l’extermination des juifs) : il n’y a aucun mot, vraiment, pour dire à la fois ce qu’a été ce génocide, cette technique, cette logique implacable – et la valeur de ce film, document unique, sans (enfin !) le moindre commentaire, absolument vrai, grand, au-delà de tout.

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