Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Lundi 23-9-85
Aimé,
Tu sais, ça va bien. Je t’ai parlé de mes acrobaties dans l’escalier, parce que je ne me vois guère te cachant quoi que ce soit ! Mais tout s’arrange. J’aurais volontiers choisi d’autres moyens pour expérimenter ce que j’appellerais une « pause », bien sûr ! Mais le fait est que ce repos forcé m’a permis une sorte de silence très favorable à une mise en place, à un centrage de tout ce que nous échangeons à propos de mon futur. Et j’ai bien l’impression que je vais me mettre à ce travail sur mon rêve avec beaucoup plus, comment dire, de simplicité ; c’est-à-dire, avec plus de disponibilité à ce qui va nécessairement se présenter, dans la mesure où j’abandonnerai un certain point de « crispation ». Je dis mal tout cela, mais ça ne fait rien, car je suis certaine que quelque chose mûrit. Autre chose : je n’ai quasiment jamais eu l’occasion de passer mes journées ici, au 14, dans le rythme parisien de René ; et je viens – non plus de savoir, mais de vivre de l’intérieur, mon impossibilité, sinon mon incapacité à supporter et à partager une forme d’oisiveté agitée qui, bien que ménageant des moments d’incontestable douceur, est bien peu créatrice. Et cette expérience me permet de bien prendre ma mesure. … A part ça, je suis très touchée par tout ce qui se passe pour le Gouvernement avec cette affaire Greenpeace. Et par toutes les occasions qu’elle donne à la meute de l’ « opposition ». Mais peut-être tout n’est-il pas dit encore et il n’est pas impossible que dans les jours qui viennent il puisse remonter la pente. Je suis touchée – bien que sachant ce qu’il faut penser de la « politique » et ayant tellement bien lu Pisar – parce que de nombreux hommes de ce gouvernement ont apporté un
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