Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Tout s’est très bien passé. Je lui laisse la priorité pour te raconter, mais je ne peux résister à te dévoiler qu’hier après-midi nous avons parlé, assises sur un banc dans le petit jardin au flanc de Notre- Dame… J’ai bien ri… : comme elle m’avait écrit qu’en Hollande, ayant été constamment sollicitée par les uns, les autres, elle n’avait pu être assez seule avec elle-même, je lui avais soigneusement préparé une paisible chambre au 7 ème , eh bien, penses-tu ! elle a trouvé ça bien trop loin de nous et adopté la loggia. Et puis, bien prévenue par elle qu’elle avait un appétit de cheval j’en ai tenu compte : je crois qu’elle a pris un bon kilo ! Pour le reste donc je ne t’étonnerai pas : on a beaucoup parlé ! Elle parait très bien adaptée, au jour le jour profitant dit-elle de ce qu’elle « voit »… A ce propos, ça m’intéressera bien de savoir ce qu’elle te décrira… : elle est marrante car, justement, elle semble ne pas voir, ou regarder, je ne sais ; elle le dit elle-même, « il faut qu’on me montre ! »… assise sous l’imposant hibiscus à la maison, elle ne l’avait pas remarqué ! Je crois que je vais lui montrer chaque brin d’herbe aux Prévôts ! (Mais tout ça c’est la charmante petite histoire dans le creux de ton oreille !). Beaucoup parlé, oui. C’est une intéressante, intelligente, fine interlocutrice ; à des niveaux qui permettent de « faire le point ». Beaucoup parlé d’Auroville, et suffisamment pour qu’on puisse, maintenant - et je le lui ai dit hier – prendre la bonne distance. Ça m’a fait penser à mes dialogues avec Gaby, marqués par nos critiques à l’égard des institutions psychanalytiques… au point que nous n’arrêtons pas d’en parler ! Curieux mécanismes, contagieux. Ceci dit, nous avons eu de fructueux échanges… !
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