Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Samedi 12-1-2002

Aimé,

Alors voilà : Auragni, notre seconde rencontre ; qui m’a confirmé ce que j’avais perçu d’elle lors de la première. Comme souvent, mes perceptions se présentent à moi selon des formes précises qui se renouvellent chaque fois que ma pensée m’y reconduit. Auragni c’est une ligne droite passant par le centre de son corps... Ce que l’on peut en effet appeler sa maturité ne m’apparaît pas, là, à l’instant, basée sur les critères habituels invoqués lorsqu’on parle de la maturité d’un être jeune « en avance sur son âge », mais comme une ouverture, un état naturel et hors d’âge justement. Elle a en quelque sorte une maturité intimement liée à sa manière d’être en vie, dans la vie, dans sa vie. Ce qui me parait correspondre à ce qui m’a tout de suite frappée en elle : sa simplicité. Là encore, il faut préciser ce qu’est cette simplicité, sans doute quelque chose de direct, « centré ». ... Un détail, et les détails ont leur importance on le sait, son absence de maquillage ; ici ; les jeunes filles « évoluées » se maquillent, souvent très bien, ou alors ne le font pas mais avec une certaine ostentation. Rien de cela chez elle, elle n’en a pas besoin (il faut dire que ses yeux, à eux seuls, n’ont guère besoin justement de cet apparat, ni même de souligner par quelque trait telle ou telle qualité : on a très envie de les regarder, ce que j’ai fait, en le lui disant !). Par ailleurs, il y a en elle, ce dont je t’ai parlé au téléphone, une sorte de rapport au temps, à l’exactitude, un peu désorientant! Soit elle ne s’est pas réveillée à l’heure, soit son portable était en réparation, etc. Comme elle m’avait dit lors de notre première rencontre qu’appréhendant celle-ci elle avait songé à venir avec son ami, je l’avais invitée à le faire pour régler au mieux ce qui m’apparaissait comme des faux bonds… Mais non, elle n’avait plus d’appréhension m’a- t-elle dit, avec une sincérité qui ne fait aucun doute.

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