Lettres à Divakar jusqu'à 2005

suffit que ce soit une discipline (une « obligation ») pour me bloquer ; comment, donc, aimer cela pour ne pas tomber dans mon piège. … Pourtant … j’ai nombre de fois aimé les marches, et combien d’entre elles autrefois en allant à pied à Pondicherry avec toi, ou récemment à Saint Malo ; à Fontainebleau dans un autrefois plus éloigné… Pardon de me laisser entraîner à des associations d’idées : en ce moment même me reviennent à l’esprit ces amalgames ou condensations qui marquent si longtemps telle ou telle réaction. Exemple : une marche dans le 13 ème arrondissement, et en particulier Place d’Italie et ses environs, et c’est pour moi la phobie… Le lien : une courte période juste avant la guerre ; j’habitais à l’époque près de cette place. Or, ce ne sont pas de mauvais souvenirs qui demeurent en moi mais, - et c’est plus intéressant – des perceptions, des sensations, une prescience obscure qui m’habitaient en deçà du quotidien : une sorte de secrète alerte que je risquais de me fourvoyer, que je n’étais pas à ma place. (Et je sais combien cela était vrai !) Ce sont de ces conditionnements qui font qu’un lieu reste imprégné durablement d’un évènement heureux aussi bien que malheureux qui peut n’avoir été que passager. Ma sensibilité à ce genre de manifestations, peut-être cette faiblesse en quelque sorte, me montrent à l’évidence à quel point les perceptions ou sensations marquent le physique ; c’est physiquement que je renâcle à traverser, à prendre tel itinéraire, surtout s’il doit se répéter – c’est-à-dire que c’est un certain moment du passé qui me donne … des courbatures ! Comme quoi seul un travail de conscience a de sérieuses raisons d’être !

Lundi

Tout de même, il faut que je te raconte : hier nous avons vu une émission qui me laisse absolument stupéfaite. Un document qui a trait à l’Afghanistan. Le reportage est effectué par une femme et son photographe, courageux car

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