Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Bon. Tout cela est à centrer, n’est-ce pas !…

Mardi

Je pense souvent à ta lettre, que je garde d’ailleurs avec moi dans mon sac, consacrée à la Rencontre toi–Auragni…

… Dans ton avant-dernière lettre tu évoquais la question que je t’avais posée concernant ton adolescence. En fait, je n’avais nullement oublié, et n’oublierai jamais ce que tu en penses par rapport à moi, à cette liberté et cette confiance que tu as ressenties venant de moi pour toi. Ma question c’était de savoir – encore que je ne te demande aucun détail ! – comment tu vois le rôle, l’impact, le déroulement de ton adolescence sur ton chemin actuel… Tu as déjà dû lire dans l’ « Observateur » l’interview de Marcos par Garcia Marquez (peut-être cela risque-t-il d’être dommage qu’il commence à être ainsi « public » ?) ; quelle belle personnalité ! Quelle exception puisqu’on n’en connaît pas d’autres dans ce monde de violences, de discours emphatiques, qui font du sur-place en prétendant prophétiser l’avenir, qui nous donnent des recettes à courte vue… Certes, il y en a quelques-uns qui sont sérieux, lucides, « éclairés », mais face à un Marcos ils me donnent l’impression d’être pris dans le même cercle sans vraiment trouver l’issue. Du coup, je ne sais trop quoi penser : je crains que cet être d’exception, qui dit des choses si simples dans un langage vrai, ne soit justement si exceptionnel qu’il reste en dehors, à part, et ne pénètre notre monde actuel qu’auprès d’intellectuels inefficaces. A moins qu’il ne continue à remporter sa victoire dans son propre pays…

Mercredi

Eh bien… ! Peu après avoir terminé ces dernières lignes, une première patiente m’apprend le fabuleux attentat contre les symboles de la puissance américaine… Depuis, tu imagines

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