Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Alors je lui dis, pour l’aider à en sortir : « Chapeau, hein ! ». « Ah, c’est le mot, mais je n’osais pas vous le dire… », répond-il le rose aux joues. Du coup il m’a dit qu’il serait présent lors du « scanner », le 31 octobre. René : je l’ai vu hier, il semble pas mal. Aujourd’hui cependant moins bien. Il dit qu’il a mal. En fait, il a un drain dans la plaie, ce qui laisse à penser qu’il en à pour une semaine d’hospitalisation (s’il se laisse faire). J’ai reçu quelques coups de téléphone d’amis vraiment chaleureux, chacun à sa manière… Tous l’aiment bien, à l’évidence. Mais tous avaient manifestement besoin de me parler de leur étonnement, surtout lors de cette dernière période d’ « exaltation ». … Me parlant de l’étonnante personnalité de René … Philippe me dit : « Tout le temps du déjeuner que nous avons fait récemment au restaurant avec Guite et vous deux, j’ai eu l’impression que René portait son ‘Moi’ en auréole autour de la tête ; c’est tellement dommage, il est prisonnier de son ‘Moi’ et ne peut pas avoir de parole libératrice… ». … J’ajoute aujourd’hui que ce que tous ces amis me disent (Olga avec sa certitude que René manipule tout son entourage y compris médical, Pierre avec sa certitude qu’il y a certains « coups de pouce » pour aboutir à certaines situations), et moi, avec tout ce que tu sais que je ressens, parvient à le « diaboliser » ou tout au moins à diaboliser le versant négatif de sa personnalité – et de son organisme. Et en même temps je pense que ce n’est nullement un hasard : autrement dit c’est « fait pour », ce qu’il montre de lui. Il n’y a que toi – et moi aussi grâce à toi – pour dévoiler « d’autres points de repère, … retrouver le contact avec la vie et l’habitant »… … En fait de pratique quotidienne, celle que j’ai avec mes patients me permet de vérifier que la vie de couple nécessiterait, du moins pour un bon nombre, un aménagement qui laissa quelque pause, quelques plages
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