Lettres à Divakar jusqu'à 2005

donner le sein… Ça apprend … quoi, pour Francis, j’aimerais bien savoir !...

Le 7

… A propos de René … Un petit exemple, sans grande conséquence, il y en a mille de la sorte, mais illustrant mon embarras : avant-hier, je suis allongée sur le divan, crevée par mon rhume ; assis près de moi, il me dit : « je me rends compte, toi si fatiguée, comme je dois être pesant pour toi… ! ». Puis, sans la moindre petite pause, à la suite : « j’ai passé une nuit démente, démente, démente… ! ». Je ne vois rien de mieux à répondre et à faire que d’aller me préparer une tasse de thé. 1 h ½ plus tard, je le retrouve en bas, chez Didier ( le café où Colette s’arrête souvent, juste en bas de son bureau ), où il me dit que sa cousine va venir le chercher en voiture pour l’accompagner chez le pharmacien au bout de la rue… Que dit-il à la cousine ? Dans quel état lui dit-il se trouver ? Ça me dépasse un peu. La question : quel est son appel ? … J’arrive à comprendre ce qu’il ressent comme un « délabrement » de certaines cellules du cerveau, proche des symptômes de la maladie d’Alzheimer… Ce que je voudrais, c’est de pouvoir attraper un « truc », qui me permette d’adoucir son état, puisqu’il me répète qu’il ne pourrait vivre avec personne d’autre que moi, ni être avec personne d’autre que toi. … Je pense beaucoup à cette lettre d’accompagnement de ton manuscrit. Je crois, d’expérience, qu’il faut faciliter l’éditeur ou le directeur de Collection, surtout avec un texte aussi profond … et dense, d’une lecture nécessairement « difficile » d’un certain point de vue. Ce qui me tracasse un peu, dans cette perspective, c’est que tu ne voies pas comment, et où, si besoin était, raccourcir le texte, ou « alléger » certains passages…

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