Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Plus délicat et complexe à situer et à te décrire, dans ce cycle habituel … dépression/excitation, oui/non, désir/peur de partir, ou de guérir … : tout à coup, en ¼ d’heure pas plus, il est passé de son état limite de fatigue à la « guérison ». Quelle guérison ? Ce qu’il en a dit aussitôt : « je suis guéri », précisant qu’il allait envoyer ses aphorismes à l’un de ceux qui a le plus écopé dans l’affaire du sang contaminé, pour voir avec lui comment ré engager le problème, … qu’il va reprendre contact avec Ilan pour la question d’Israël, qu’il va remettre l’attention sur son texte sur les mathématiques, etc., signes du passage connu à la phase exaltation, presque aussi difficile à « traiter » que la phase dépressive… … Quoiqu’il en soit, il n’en demeure pas moins que seul René est « capable » de passer … d’un état terminal à la guérison : un saut difficile à qualifier. Et qui ne s’accompagne d’aucune, aucune conscience ou, plus modestement, d’aucune prise de conscience. Et c’est inimaginable pour moi ! Avantage : cela me rend silencieuse à vie quant à tout abord de la question « santé » avec lui, ce qui ne peut que nous rendre service l’un à l’autre. Pardonne-moi, vraiment ! Cet enchaînement de contraires d’un jour à l’autre … a le mérite de te donner le tableau de la réalité depuis plus de 3 mois. Le « mieux », trop haut, est déjà retombé. Cela fait peine : cette irréelle exaltation qui ne peut tenir, bien évidemment, dans ce ciel, provoque en retombant une déception en lui qu’il ne peut endiguer. Cette carence des seuils, qui existe depuis toujours, est devenue un écueil redoutable avec l’âge. Rien à faire d’autre, en tout cas pour moi, que d’attendre – et d’accueillir – les hauts et les bas et les périodes étales de cette navigation problématique. Le lendemain, Le lendemain,

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