Lettres à Divakar jusqu'à 2005

pas, pour ainsi dire spontanément. A mon avis … tu ne perds pas ton temps avec moi … et tes rappels à l’ordre ont agi !!! Encore plein de baisers, tout plein.

Colette.

***

Lundi 26-4-99

Aimé,

Alors … Tout d’abord : avec le recul, une évidence, très nette, très essentielle, la tranquillité avec laquelle j’ai abordé l’opération, jusqu’au seuil même de la salle d’opération. Un instant je me suis dit que la rapidité des examens, puis de la décision et enfin de sa mise à exécution, ne m’a pas laissé le temps d’y réfléchir ou de me tourmenter. C’est faux : il suffit d’un seul jour pour plonger dans l’inquiétude (mes « appréhensions » actuelles sont liées à de petites choses, de petits gestes, de la pusillanimité). Or, j’ai réellement travaillé, me suis orientée, en fonction de notre « pacte » de tranquillité choisi, décidé, né au dîner de Pondicherry. J’y ai pensé constamment, m’y suis appuyée, me suis transportée plusieurs fois devant le Cristal de la Chambre. Et je pense que cela sous-tend mon actuelle période de convalescence. C’est après l’opération, durant cette période de soins intensifs, que je n’ai guère été … maîtresse de la situation (un mot est venu à mon esprit, tandis que je pensais à ces soins : « intempestifs » ! C’est assez juste !)… Certes, j’en ai remarque des choses ! Je peux repérer, identifier, certaines obscurités, insupportables, je dirais d’un Inconscient qui prenait le pas, dans les rêves surtout ; mais je ne me sens pas à l’heure actuelle désireuse d’y toucher. D’autant plus que je me suis rendu compte que mes réflexions étaient perverties par un élément étranger considérable : l’anesthésie et ses suites, donnant à

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