Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Samedi 27-2-99

Aimé,

Eh bien voilà : tout d’abord, je me sens mieux depuis deux à trois jours : plus de fièvre, plus de nausée, un peu moins fatiguée… Cela dit, j’ai vu hier le médecin (à coup sûr compétent, sérieux, et très doux : ça aide !) : sous son contrôle, mardi prochain, analyse de sang très détaillée, et le surlendemain, prélèvements et analyses. De plus, « si cela devait être insuffisant », coloscopie, sous anesthésie … mais de courte durée. Autre constat, après examen de la peau, je suis passablement déshydratée, d’où fatigue… Pour l’instant, cure de … Coca Cola ! Bon. ... Sache, encore et encore, que je suis décidée à me battre sur tous les fronts… … René, voici deux jours, me dit à un certain moment où je commençais à me sentir mieux : « tu viens tout d’un coup de rajeunir ! »… Ce que je percevais d’ailleurs très précisément, comme un léger souffle passant sur le visage. C’est-à-dire l’âge que je parais avoir pour beaucoup de gens… Cela m’a re-projetée sur ce que je voudrais gommer : mes cent ans d’âge … et les « 36 poux » que j’ai offerts à tes yeux ! Cela me désespère bien évidemment ! … Encore une fois, ce n’est pas « mon » âge, mon vrai, je ne suis nullement dans cette orientation et encore moins depuis notre Pacte – mais la mocheté… ! Et comme je te l’ai dit, - que tu as si bien compris – cette curieuse « honte » que la maladie semble générer pour moi, avec ses manifestations détestables.

Lundi

… Est-ce que tu mesures la chance infinie que j’ai eue, et que j’ai, d’avoir collaboré à ta venue au monde, c’est-à-dire d’avoir ce fils, cet ami, ce soutien. Joie inconditionnelle.

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