Lettres à Divakar jusqu'à 2005
désormais au premier plan la confiance que je dois m’accorder, et accorder au processus de travail… … Et pour cela il est bien vrai que je dois régler cette appréhension que tu as très bien perçue et désignée : ne pas être « à la hauteur » des attentes, rater le coche, ne pas soutenir le crédit (et les exigences là) de mes auditeurs. Il y a là en effet une nécessité d’unir cet apport extérieur à mon propre cheminement, sans peur : un travail d’assouplissement ! Merci encore pour la très claire, et très « allante », très « soutenante » manière dont tu éclaires cette encombrante question de l’âge, qui n’est d’ailleurs pas de seule coquetterie : car l’encombrement vient, à un certain niveau, des a priori, des préjugés qui existent dans l’esprit des autres et, non pas que je fais miens, mais que je sens se présenter en moi comme un obstacle, ou un … rappel ; c’est- à-dire leurs propres insuffisances ou angoisses face à l’âge… … Pierre et Yann sont partis après sept bons jours de vraie amitié, sensible. Et je me pose quelques questions sur ce qu’est, et ce qu’on appelle « l’éducation ». Il nous est arrivé à René et moi de craindre que Yann ne devienne du genre surdoué ; je suis presque gênée d’avoir eu cette idée, dictée à mon avis par un mental ignorant ! Cet enfant, dont bien des gens diraient qu’il est trop gâté, est plein d’éveil, de charme, de gentillesse. Or, à le voir vivre avec Pierre il est incontestable que celui-ci a pour « règle » de répondre à toutes les questions de Yann et de lui dire ou sous-entendre « j’ai confiance en toi ». C’était curieux de voir les deux petits-fils de Madeleine, âgés respectivement de 14 et 17 ans, rechercher ce petit garçon de 10 ans, vif, ingénieux. Je suis sûre aujourd’hui que cet enfant a une conscience en bonne santé, qui d’ailleurs le rend exigeant dans ses questions : le problème sera qu’il trouve des adultes capables, en particulier à l’école...
Vendredi 21-8-98
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