Lettres à Divakar jusqu'à 2005
pour ce livre ; or, Francis aurait dit à Christiane qu’il ne le lirait pas, parce que « c’est tellement ce que j’aimerais avec Divakar »… Son rapport à l’écriture ne doit cependant pas être vu sous l’angle d’un « alibi » qu’il se donnerait… Tu n’as aucune idée des affres par lesquelles je l’ai vu passer chaque fois qu’il avait un article à écrire… et ce livre, à présent, sur une « quotidienne morale »… ! Alors l’écriture + toi, cela fait une condensation de son « conflit de toujours »… … Lorsque dans ta lettre de juin tu me parles de cette sorte de frayage, puis de transition dans celle de juillet, ou de passage dans d’autres lettres – tout cela que tu traverses en ce moment -, j’ai eu ces réactions : 1- Partager avec toi ; mais je le fais, je crois, et en respectant ton propre chemin… 2- Après quoi, je n’ai pas hésité à me mettre en tête… que mes récentes lettres faisaient trop facilement état de certaine facilité marquée d’ « enthousiasme » ou « emballement », qui tout à coup me gênait ; ce qui m’a amenée à cette réflexion : 3- Je connais ces « passages », ou plutôt mes passages ; il m’est arrivé d’attendre « que ça passe » ; plus tard, et c’est mieux, d’attendre que « ça s’ouvre » ; j’ai appris aussi, mais il s’agit de moi bien sûr, que le risque, pour en sortir, était de radicaliser les choses, sans que l’on y prenne garde. Et enfin qu’il fallait mettre en effet de la conscience dans le jeu – pour qu’il y ait de l’espace, de la respiration… … Je suis très contente de ton texte au « Monde Diplomatique » et du mouvement spontané qui t’y a conduit. Nous ne pouvons évidemment pas savoir comment il va être lu… Surtout garde ce texte pour d’éventuels autres usages (en condensant peut-être une ou deux phrases). La grande qualité de ce texte est son langage direct, accessible au lecteur d’aujourd’hui, concret : ton exemple du racisme et de la quête du pouvoir est extrêmement bien venu.
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