Lettres à Divakar jusqu'à 2005
sentiment d’être « utile ». Et il est bien vrai que si ton rôle et tes fonctions se trouvent barrés par les contradictions ambiantes, voire les influences, jalousies comme tu dis, besoins de pouvoirs, ta propre utilité doit t’apparaître pour le moins voilée. Cependant, n’oublie pas que cet attachement entre les travailleurs et toi est le symbole même de ton utilité, envers et contre tout. Je ne sais comment dire, mais pour moi cet étayage, ce terreau que réalise cette harmonie, qui est à la fois trouvée et créée, sont le signe et l’incarnation de cette utilité. C’est pour cela que je t’écrivais récemment … qu’il fallait que tu gardes ce contact d’une manière ou d’une autre (encore faut-il évidemment, je m’en rends bien compte, que tu aies l’activité qui le rende possible !). … Quant à l’histoire du « Governing Board » et ses agissements, qu’en trop bon idéaliste on n’aurait pas pensé voir se manifester à Auroville, et ta décision de ne pas te désolidariser… Je pense que ton attitude est bonne : participer et en même temps être à bonne distance… Et je vois que cette toute récente période et expérience t’ont déjà permis de retrouver ton « habitat intérieur », ce qui va justement t’aider à pratiquer cette participation réelle et mesurée… … Donc, demain, départ pour Paris… Le temps est devenu froid et pluvieux. Néanmoins, nous avons pu voici deux jours aller vers une nouvelle aventure (cela va paraître un canular à force …!) : tout à fait au-delà de Paramé, un immense cap sans habitation, une grande lande montant haut jusqu’à une crête au-dessus de la mer. C’est curieux comme un infini de mer ne ressemble pas à un autre infini. … Lundi, reprise ; jeudi, masseur. Fin de mon travail écrit… Et toujours, toujours, plein de douce, bonne, fidèle tendresse pour toi,
Colette.
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