Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et puis pour toi, TENDRESSE, plein,
Colette.
***
Vendredi 15 août 97
Aimé,
Reçu il y a 4 jours ta lettre du 5 : il ne me reste plus qu’à m’installer ici, si je veux avoir ton courrier dans un délai record, 6 jours ! Mystère ! … C’est bien gentil de m’avoir dit comment et à quoi se relie ton expérience intérieure actuelle. Le mieux que je puisse faire, pour y répondre, c’est d’être à l’écoute, profondément et en toute proximité. Je comprends déjà que tu puisses être « suffoqué », non seulement par ce qui s’exprime autour du Matrimandir (et ailleurs comme je l’ai si souvent pensé) venant d’esprits si arrimés à d’obscures fixations, mais en même temps par la répétition en tant que telle : mécanisme au moins aussi paralysant que les contenus sur lesquels il se fixe. Il y a dans le psychisme cette force particulière, avec son extrême pouvoir sur le physique lorsqu’on est l’objet de ses manifestations dans l’environnement, collectif ou individuel. S’il peut m’arriver de regretter bien sûr que ta « suffocation » provoque ce malaise – une indigestion -, je me demande si après tout cette traduction physique du malaise mental et moral n’est pas une bonne libération, un rejet concret… ? J’aimerais, le moment venu pour toi, … connaître en gros à quoi t’auront mené ta recherche et ta réflexion sur le travail à venir pour le Matrimandir. Il est certain à mes yeux que ce précieux rapport entre les ouvriers et toi devrait, d’une manière ou d’une autre, demeurer ; il doit être possible de
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