Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Conclusion : ce que tu m’as dit, et confirmé de nouveau récemment, à propos de ta confiance dans mon travail, je suis contente de constater que ma fidélité à Green ne m’en a pas détournée, qu’elle s’inscrit dans sa particularité, sa liberté, son chemin. J’étais hier comme en paix avec moi- même, une paix que je te dédiais. Comme je te l’avais dit je crois, j’ai vu Vicky tout récemment : envie de me voir parce qu’elle avait beaucoup pensé à moi ces derniers temps, dit-elle, et parce qu’elle voulait me parler de Jayaura qui traverse une « crise » dont Vicky s’inquiète un peu tout en gardant une bonne confiance ; et me demander si j’accepterais de la voir un jour. Ce que j’ai accepté, bien sûr, à condition que Jayaura le souhaite elle-même. Deux mots : Vicky semble très bien, entreprenante comme toujours pour que les choses marchent au mieux, très attentive à sa fille (ce sont les meilleures amies du monde), travaille dans une bibliothèque ; quant à Claude il semble toujours vivre dans sa bulle, se débrouille avec quelques commandes de dessins et surtout en retapant des appartements. … Après quoi, deux jours plus tard, Jayaura m’a appelée. Je ne saurais t’en dire beaucoup. Elle avait besoin de parler : de dire son trouble, être ici ou là, partir de l’école italienne où elle ne se sent plus bien, reprendre confiance en elle, etc. L’élément marquant : son intelligence, sa vivacité, et une étonnante maturité qui s’exprime non pas comme venant d’un être surdoué, mais au contraire dans une fraîcheur émouvante… (Vicky et Claude avaient vécu à Auroville fin 70/début 80 ; chacun avait été lié à moi intimement ; puis ils avaient choisi de vivre ensemble et, après la naissance de leur fille Jayaura, que j’avais aidée à venir au monde et nommée, de vivre en France, où Colette, dans les premiers temps, avait été un solide soutien.)
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