Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Après son séjour à Auroville Lundi 10 février 1997

Alors, aimé, il est 17 h. Je t’écris de mon bureau. Long voyage, c’est certain, mais je ne suis pas fatiguée. On a beaucoup dormi hier, avec cependant, pour rester dans le rythme, une marche au Luxembourg : fraîcheur (10°), mais un ciel très clair et du soleil. J’ai l’impression d’avoir repris et pris des forces, une bonne énergie. Quel bien cela m’a fait que tu m’aies dit au Trident combien j’avais gagné en « épanouissement » ! Je veux travailler à le garder ; je veux dire que je souhaite et me sens capable d’une exigence pour moi-même. … Ce dîner et cette nuit passés au Trident se rappellent à moi comme un doux souvenir, fait à la fois de cette tristesse du départ (que tu as su si tendrement capter et rassurer) et de la joie d’un non départ, justement. Etes-vous bien rentrés, sans trop de fatigue ? Et ton rhume ? … Plusieurs pensées, ou perceptions, me traversent l’esprit. Je compte te les communiquer très bientôt, telles quelles, comme elles viennent. J’attends de me débarrasser du … monceau de lettres, comptes bancaires, factures, imprimés à signer, à remplir ou à jeter, que j’ai trouvés. Quelle société ! Voilà : je suis un tout petit pion dans l’univers, sans tellement d’importance par rapport à celui-ci, ou plutôt participant de lui, mais pourquoi tant de paperasseries qui m’encombrent mais auxquelles je ne peux échapper sans me mettre dans de vaines difficultés… !? Enfin, je suis assez ordonnée pour m’en sortir indemne ! Mais vrai ! Enfin je ne me sens pas trop seule quand je revois les signatures que tu donnes chaque matin à l’atelier ! … Il n’y a pas qu’un décalage horaire et la longueur d’un voyage avec l’impression d’être un automate tout juste capable de suivre les flèches et les tableaux d’un aéroport, pour percevoir les réponses de l’organisme. J’ai éprouvé une

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