Lettres à Divakar jusqu'à 2005
toujours que lorsqu’une évolution, même insuffisante par rapport au but, s’est manifestée, c’est un acquis qui aura à tel ou tel moment des rameaux pour ouvrir plus avant le chemin. Merci de tout ce que tu éclaires pour moi à propos de mon « manque » de culture, dont tu fais, au contraire, un gain qui me rassure et m’encourage – qui m’éclaire, oui, très consciemment. Alors, Claouey, le Francis. Si nous n’avions pas su ce qui vient de lui arriver, rien en lui ne nous l’aurait fait percevoir. Tout d’abord, ce corps et cette allure de jeune homme ; nous avons, à un moment, marché René et moi derrière lui, qui va à un pas plus rapide que le nôtre, sur la belle piste cyclable : c’est tout à fait surprenant. Il parait moins essoufflé que d’ordinaire et ça peut se comprendre, car en fait c’est bien la première fois qu’il prend un médicament spécifique. Comme je te l’ai écrit, il a un traitement très fin et personnalisé. Surveillance régulière ; pas d’activités dispersées. Marches de 20 minutes, qu’il fait scrupuleusement 2 ou 3 fois par jour. Et il se met à l’œuvre : c’est-à-dire son livre. Peut-être est- ce là une confrontation qui va lui donner quelque mal… Nous savons Christiane et moi combien il s’est saisi de tous les prétextes pour reculer l’entreprise ; et qu’écrire a toujours été pour lui un besoin et une épreuve, du moins pour le démarrage. Néanmoins il semble s’y mettre tranquillement, et il a parlé avec René du plan qu’il envisage. En conclusion, ce traitement qu’il va suivre, s’il ne lui redonne pas des poumons tout neufs évidemment, peut lui éviter de nouvelles crises. Paul, qui est bien placé pour apprécier ces situations … me dit que l’on arrive très bien à atténuer les insuffisances respiratoires. J’ajoute que tout se passe comme si ces deux accidents lui avaient permis de manifester plus que jamais sa profonde gentillesse, ses attentions de tous les moments. Et … je l’aime beaucoup !
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