Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Imagine-toi qu’on a dû refuser – parce qu’à la fois René a besoin de repos et parce que, de mon point de vue, j’acceptais mal la désinvolture… d’Ilan… qui voulait tout à coup venir s’installer ici avec son fils et l’un de ses amis ; cela a mis en évidence un certain côté utilitariste d’Ilan, qu’on soupçonnait… Comment s’en étonner : son rythme de vie est celui d’un militant qui parcourt le monde… Tant pis, mais il est vrai que moi aussi j’ai besoin de calme ici et que ça va suffire, Aniela, Pierre, Yann, Guite… ; et que je suis assez pointilleuse sur les égards et la politesse avec les amis – sauf les vrais intimes, qui peuvent se permettre de la liberté. Encore faut-il ajouter que tous ceux que nous attendons s’informent toujours s’ils ne dérangent pas notre repos. … J’attends ton prochain courrier ; dis-moi bien ! Dors bien, repose-toi le plus possible… Je suis tout plein avec toi et avec plein de tendresse,
Colette.
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Lundi 7-8-95
Aimé,
Il y a maintenant quatre jours je me suis assise sur « ton » rocher, sur « ta » falaise au-dessus de la mer ; nous y avions abouti par l’autre extrémité en partant de la plage de Longchamp : une belle promenade. Il y avait ce jour-là comme d’autres fois un curieux phénomène atmosphérique : nuages au ras du sol, très étendus, si bien que sur la falaise nous étions au-dessus de cette nuée comme dans un avion, tandis qu’au-dessous la mer restait invisible. Après quoi nous avons déjeuné dans un
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