Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… J’espère que je serai bien présentable dans dix jours pour Claouey, cela me fait si plaisir cette petite pause avec eux !
… Lundi dernier déjeuner avec Ilan, il y avait bien longtemps qu’on ne l’avait vu ; c’est agréable cette possibilité avec lui de se retrouver en amitié inchangée, de retrouver les mêmes liens affectueux… et son intelligence et sa sensibilité, qui ont quelque chose, à la fois, d’universel et de personnel. Il y a aussi son rire que je connais bien, et qui m’a fait penser ce lundi à ce rire heureux, et de toute éternité dirait- on, des Noirs. Ce n’est pas du tout un rire occidental ; je me suis dit que c’est en lui et que – je l’ai déjà remarqué dans bien des cas – son accord avec ses activités pour et avec la Palestine, la réalisation de son engagement, lui permettent d’avoir et ce vrai rire et cet humour. L’accord avec ce que l’on fait : toi aussi tu as ce rire plein et présent… ! Tu vas sûrement lire dans « l’Observateur » le « dossier Camus », et l’article où le journaliste, en évoquant les positions de Sartre et de Francis à l’égard de « l’Homme Révolté » qualifie d’ « ignoble » la critique que Francis en avait faite. Il y va fort ! Je ne me souviens pas de son contenu, mais je sais qu’elle n’était pas ignoble ! Impensable ! A l’époque, cela remonte à plus de 40 ans, Francis et Sartre n’étaient pas d’accord sur les positions de Camus dans son livre ; mais Francis avait cependant de l’estime pour l’homme. Or Sartre n’y allait pas de main morte et se fâchait facilement avec tel ou tel ; si bien qu’il avait demandé (le mot est faible je crois) à Francis d’écrire carrément un pamphlet. A quoi Francis ne s’était pas soumis, tout en se sentant tenu de s’aligner plus ou moins sur les vues de Sartre, sans y mettre leur violence. Bref, qu’est-ce qu’il a été malheureux, le Francis ; nous étions à Dinard, et je me souviens de ses affres en rédigeant cet article qu’il voulait critique et respectueux. Au-dessous
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