Lettres à Divakar jusqu'à 2005
L’autre soir ils étaient 400 invités sur un plateau de télévision, avec un seul journaliste pour organiser cette soirée : quoi qu’on en dise ici et là, il lui fallait pas mal de maîtrise, de souplesse et de cran pour tenir ça. Manifestation contre une loi (que Balladur vient de retirer hier), exigences de dialogue avec le Gouvernement, et solidarité avec tous les défavorisés – et les deux Algériens expulsés en Algérie sans papiers, c’est d’une telle cruauté ! Là aussi ils ont eu gain de cause. Malgré certaines dissonances entre eux, inévitables, ou quelques surenchères, j’ai été très frappée par leur maturité de parole, d’exigence, leur façon de dire ses 4 vérités au Gouvernement… Tout ça ressemblait à plein à Mai 68, en plus déterminé. Vraiment, on sentait l’explosion toute proche, et de quoi faire sauter tout gouvernement. Et en même temps il y a là quelque chose d’un peu « injuste » : certains hommes au gouvernement font ce qu’ils peuvent, mais il faudrait une imagination (ou une force tranquille) apparemment introuvable… ! A quoi s’ajoute la violence de tous ces jeunes qui n’ont rien à perdre et qui se transforment en casseurs ; tout le quartier Denfert- Rochereau pillé, voitures incendiées… (L’Abbé Pierre semble avoir raison en disant que ce sont « chez les malheureux que renaîtra un visage du fascisme »…) Voilà mon petit Journal politique ! Je me transporte au Matrimandir, à Sincérité… Alors voilà, j’ai ta première lettre du 20… J’aime les rencontres : je voulais justement te dire, « parle-moi de la conscience physique, et aussi du vital physique »… Je me sens en effet très « appelée » ces jours-ci par cela. Et voilà que tu y réponds dans ta lettre à propos do mon long sommeil au retour… ; continue à m’en parler quand ça se présentera ainsi à ton esprit… … Et continue à me donner des nouvelles du Matrimandir, du travail, j’ai besoin de suivre, d’y être. Mardi 5
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