Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Jeudi 17-3-94

Aimé,

Je veux te dire deux choses : si je te révèle que je suis toujours à Sincérité, au Matrimandir, au petit pavillon…, tu penseras qu’il n’y a rien là de très nouveau. Pourtant si, qui correspond à une progression. Cette fois, cette présence quotidienne a le caractère d’une réalité absolue. Et ce n’est pas que j’y sois, tout naturellement, au lieu d’être ici où je suis actuellement : j’y suis en même temps, ce qui me donne une impression d’unité. Une façon nouvelle d’être présente, pleinement et calmement. (Une fois encore, pas facile de traduire ces niveaux.) Et puis, la petite unité… ; j’en suis presque surprise : elle est là, totalement inséparable dans mes sensations de la première maison. Et même je ne peux plus me représenter celle-ci comme elle était avant, c’est un tout qui me semble avoir été là depuis le début. Image d’une grande harmonie et d’un très agréable confort – par les yeux, l’usage, le jeu des dormes, matériaux et couleurs… Je suis très contente, tu vois ! Le René : ça va nettement mieux depuis hier ; ce qui veut dire que dimanche dernier… la fièvre qui grimpe à toute allure… un diagnostic en somme qui reste inexpliqué…, faut voir ; l’attristant c’est cette fatigue qui le poursuit. Je crois, moi, qu’il y a dans tout cela une part mentale. Mais tes sages paroles de l’autre jour me guident : l’image d’un « choix » qu’il fait. Cela dit, j’ai une marge pour accompagner, et tenter qu’il « paye moins cher » - toujours selon tes mots – quelque chose d’autre, ailleurs, en lui… Christiane. Elle aura dû passer ici plus de dix jours, aux côtés de sa sœur Nicole, faisant d’innombrables démarches nécessaires pour l’inhumation des étrangers ; l’incinération aura lieu demain. Francis arrive aujourd’hui, ils repartent

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