Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Lundi 10-1-94

Aimé,

Alors j’ai ta bonne lettre du 15, qui aura mis quand même 20 jours ! … Aujourd’hui, cette lettre sera brève – une brièveté pleine, pleine de tendresse… D’abord René : il va mieux, reprend un peu de couleur, mais pas encore toutes ses forces ; ça va venir je crois. Par moments il retrouve, ou réutilise ce que je vais appeler ses habituels « coups de psychisme »… mais bon ! En tout cas il a été vraiment bien malade, je ne croyais jamais qu’une grippe pouvait être aussi agressive ! Ce que tu m’as répondu à propos de l’âge est très important pour moi ; je l’ai déjà relu plusieurs fois. J’aime beaucoup cette « maturité de l’âme », et aussi cet être intérieur qui avance ; c’est bien cela que je ressens, et c’est aussi cela qui, parfois, me crée un sursaut en me soufflant à l’oreille le « temps » qui me reste à avancer ainsi ! Or ce que tu me réponds resitue et replace les choses, vers un tout, un sens. Cela me fera grand bien d’en reparler avec toi. Et puis je viens de lire le merveilleux dernier bulletin du Matrimandir… Je ne peux m’empêcher de te citer en soulignant ces mots, si vrais, justes et beaux : « … une alliance de l’improbable, de l’impossible, de l’inévitable et de l’imprévisible… capturée dans une poignée de ciment… etc. ». Quel élan ! Je me rends compte aussi des conséquences de la mousson, du cyclone également, dans ta lettre ! Et je trouve admirable que vous vous soyez ainsi attelés à la tâche énorme de réparer ces dégâts…

… Ici, eh bien c’est le pays tout entier ou presque qui est sous les eaux. Partout. Des inondations, glissements de

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