Lettres à Divakar jusqu'à 2005

… « Matrimandir fraye son chemin », me dis-tu… : c’est assez stupéfiant, à lire les « Nouvelles du Matrimandir » que j’ai reçu ces jours derniers, la constatation qui en est faite au début du Bulletin le souligne on ne peut mieux : son avancement à tous les niveaux est une surprise, comme ça, à distance de votre quotidien… Les obstacles que vous rencontrez journellement voilent sûrement l’extraordinaire (me semble-t-il) de cette Matière qui s’étend et s’élève… … Donc, on a une nouvelle voiture… Je te passe les péripéties qui, pendant trois jours, auraient rendus impatients un troupeau de gentils éléphants (à qui je prête, tu vois, une grande patience, à moins que…)… ! C’est une vraie voiture, qui a été soignée, et qui me fait découvrir le véritable « clou » qu’on a eu pendant 11 ans : c’est une petite Opel Corsa, qui s’appelle « Liberty » ! … Après un déjeuner au petit restaurant de Fréhel, revenant par le chemin des écoliers, voilà qu’on aperçoit un sentier à travers la lande d’ajoncs et de bruyères ; il est non pas sur les hauteurs, qu’on connaît bien, mais sur le flanc de la falaise… Ce que l’on découvre alors est indescriptible : tout en bas, une mer grandiose, presque immobile, profonde de beauté ; sur un éperon rocheux, un ancien petit fort sans doute ; et quatre petits bateaux blancs posés là, sur cette matière bleue ! Et ce silence, ce silence ! Ce que j’ai éprouvé – à des plans différents – d’abord sur la place de l’église et du cloître à Léhon, ensuite (et une fois de plus) à Chateauserein, et enfin là, à Fréhel, c’est, de plus en plus nette, cette sensation (dont je t’ai quelquefois parlé) d’éternité. Je ne sais vraiment pas comment traduire ça ; j’ai tenté, à Léhon, de le dire un peu à René ; mais c’est trop évident qu’il met d’emblée un écran – sa peur qu’il ne s’agisse de je ne sais quel irréalisme, mysticisme, de Dieu, que sais-je ?! Ce que je sais, c’est ce que je ressens dans ces moments et ces spectacles privilégiés.

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