Lettres à Divakar jusqu'à 2005

épices, des tissus, et des miniatures à me faire tomber en larmes tant elles sont merveilleuses… Et puis hier nous sommes retournés à Léhon près de Dinan : impossible de se lasser de ce cloître, où l’on trouve cette beauté, ce silence dont tu dis si bien qu’il « voit, éprouve » ; et le village est restauré lui aussi (grâce à Malraux), et tant de fleurs, cela donne, directement, de la joie…

… Avec toi, tout à fait, pleinement,

Colette. (Alias un certain poussin)

***

Samedi 21 août 93

Aimé,

J’ai reçu le 19 ta lettre du 4… … J’aime bien recevoir tes lettres ici, aux Prévôts, mais j’aime moins cet état de crise multiple qui agite, et en même temps ralentit l’évolution aurovillienne ! Je me souviens, combien de fois ai-je étonné des gens qui se plaignaient des conflits ici et là en Auroville en leur disant que s’il n’y en avait pas ce serait suspect ; que ce serait le signe d’un travail tout en surface, et d’un évitement des vraies questions, etc. Mais alors là ! On ne peut s’empêcher d’être très impatient de voir les esprits, à tous les échelons d’après ce que tu me décris, se calmer – être aussi moins désireux de provoquer les tensions et dissensions… les ambitions, et sans doute les craintes. En plus, je me demande, bien sûr, quelle fatigue tu dois éprouver – et de ces batailles et des obstacles matériels (la pompe de Sincérité, et cette chaleur mon Dieu !)…

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